Pierrot Le Fou de Jean Luc Godard |
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Tags : Anna Karina, Raoul Coutard, Raymond Devos

Le film a retrouvé ses couleurs ou « Mettez-moi un tigre dans mon moteur »
La sublime restauration du film par la Cinémathèque Française est la raison de sa sortie ce 30 septembre. Le film vu à la télé, au ciné club, en VHS ou en DVD, n’a rien à voir avec ce qu’on l’on peut découvrir aujourd’hui. Un travail minutieux redonne ses couleurs originelles à ce film mythique.
Alors que la 3D (sans lunettes !) fait bientôt son apparition, on a ici juste la lumière naturelle restituée, magnifiée et c’est juste sidérant. C’est le bleu, c’est le rouge. C’est le bleu d’un cabriolet, d’un perroquet, c’est le bleu du ciel de Porquerolles, le bleu d’un Matisse. Le rouge d’une robe, le ketchup du sang, le rouge d’un néon, le rouge d’un Picasso.
c’est en trois lettres, la VIE.
Ou le cinéma comme « j’avais ENVIE, j’étais EN VIE »
Florilège de raisons de (re) découvrir cette œuvre majeur…

Avant tout Belmondo, le Ferdinand, l’ami Pierrot. La magie de l’acteur. Belmondo donne à sa performance un naturel qui fera date (avant qu’il ne devienne le Bebel des 70’s). La filiation, cela passe par Depardieu jusqu’à Garrel (Louis) en passant par Patrick Dewaere, Cassel (Vincent), Romain Duris… pour les plus jeunes noter la présence de Jean Pierrre Léaud, en premier asssitant de JLG, sur ce film, soit le Antoine Doinel qui sera le parrain de Louis Garrel dans la vraie VIE, une filiation donc.

… Ma ligne de chance, ta ligne de hanche, Anna Karina la sublime Marianne… Marianne Renoir… le napalm, le Vietnam… la publicité Scandal… Madamen Expresso… Esso… Eastmancolor… la photo de Raoul Coutard… la musique d’Antoine Duhamel… la Ford Galaxy… Raymond Devos… la guerre d’Algérie… Oasis… Aragon « … par quoi on peut encore comparer le jeune cinéma à la peinture. Le jeu de dire qui est Renoir, qui est Bunuel, ne m’amuse pas. Mais Godard c’est Delacroix ».
Mon tout petit, c’est le même prix, Monoprix, Uniprix… j’en ai marre de toujours porter la même robe !
… Pourquoi t’as l’air triste ? Marianne : – Parce que tu me parles avec des mots, que moi je te regarde avec des sentiments…
L’hystérie collective à moi tout seul… Un disque tous les 50 livres… Les pieds nickelés… Georges de Beauregard…Une histoire compliquée…et t’expliquerais tout…..Total…qu’est ce que je peux faire, ché pas quoi faire…le neveu de l’oncle Sam , la nièce de l’oncle Ho… Standard Oil… Samuel Fuller…Vélasquez…
« Y’avait la civilisation athénienne, y’a eu la Renaissance, et maintenant, on entre dans la civilisation du cul ».
Françoise Giroud (l’Express,8 nov.1965) « L’histoire de Pierrot le fou ? Je ne sais pas. Il doit y en avoir une mais elle n’a aucune importance. Un homme aime une femme, que voulez-vous de plus ? Il s’appelle Ferdinand. Elle l’appelle Pierrot. Ensemble, ils courent vers le soleil, vers la mer, vers la chaleur, ils traversent des incendies de couleur et des plages de mélancolie, ils sautent d’une voiture dans l’autre, d’un livre à l’autre, d’une humeur à l’autre. Ils vivent une passion, et sans passion on ne vit pas. On se traîne. Il l’aime alors elle s’ennuie. Elle en suit un autre, il la tue, il se tue tout éclate, oui, c’est quelque chose comme ça, Pierrot le Fou. Quelque chose de rouge et bleu, très beau, très tragique, très drôle, et qui vous dilate le cœur et qui vous rentre dedans les yeux et par les oreilles. Les gens sérieux ont horreur de ça… Les gens sérieux ont horreur de Godard.
Jacques Aumont, (L’œil interminable, Paris, Séguier, 1989)
« Le visage peint en bleu au moment du suicide répond au « petit pan de mur bleu devant lequel, au milieu du film, Ferdinand évoque le suicide de Nicolas de Staël »; « le bleu est conjugué à la mort, au suicide, au désespoir absolu : il est la couleur même du romantisme sous l’égide duquel Godard a expressément placé le film ».
et en fin de parcours, « tu as dit qu’on irait jusqu’au bout », un travelling latéral glisse sur la mer vers le soleil, lumière diffuse, qui s’estompe, jusqu’à effacer la ligne d’horizon et de citer Arthur Rimbaud
« Elle est retrouvée
Quoi ?
L’éternité
C’est la mer allé avec le soleil »
Madé Taounza





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