Les herbes folles, d’Alain Resnais |
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« Maman, quand je serai un chat,
est-ce que je pourrai manger des croquettes ? »
Dans Mood for…, c’est à l’envie, au coup de cœur, chacun son rythme. Et si on se répète c’est pour mieux se faire comprendre. J’ai entendu l’autre matin à la radio un économiste dire que la pédagogie c’est l’art de répéter.
Pour ceux qui suivent cette ciné chronique, il va encore être question d’un certain Alain Resnais. Comme un air de déjà vu, depuis Hiroshima, on connaît la chanson…. Facile, facile.
Donc soyons constant et insistons : ce fringant cinéaste de 87 ans (juste un peu plus jeune que Manoel De Oliveira ) mérite largement notre enthousiasme, nos louanges.
Les Herbes Folles est l’adaptation d’un roman de Christian Gaily « L’Incident » paru en 1996. Cette question de croquettes me direz vous. Et le film commence comme ça ? Non il se termine comme ça …
Croquettes, madelaines, même régime ? « On va voir ça » dirait la voix off du film en question.
L’histoire d’un sac à main volé, d’un portefeuille retrouvé, d’une mademoiselle Marguerite Muir (le fantôme de Gene Tierney ? ), d’un homme qui se met en quête de cette femme, s’invente une histoire. Une histoire d’amour, of course. Mais cet homme Georges Palet (joué par André Dussolier) n’est pas net. Sa voix intérieur nous amène à douter de son équilibre mental, il serait prêt à buter dans un parking une jeune femme qui par manque total d’élégance porte une culotte noire sous un pantalon blanc. Pas complétement absurde cela dit.
Alors cette comédie drôle et fantasque va nous transporter. Dans le sens du trajet, banlieue/auto, de villes il est question : Sceaux, l’Haÿ Les Roses… mais aussi voyages dans le passé, vieux films de guerre et générique de la Century Fox… Enfin on aura même droit à une ballade en avion de tourisme en fermeture éclair…
De transports donc, amoureux bien logiquement. D’abord l’élan d’un doux dingue vers cette Mlle Muir (Sabine Azéma), qui mettra fin à cette épistolaire affaire via la marée chaussée. Ce qui nous régale d’une sublime scène avec les flics (Mathieu Amalric et Michel Vuillermoz).
Cette comédie se noue sur des détails : les pieds de la Miss Muir qui nous ont conduit chez ce fameux chausseur, ou encore une remarque anodine dans un café qui chamboule tout.
Fin du premier tableau avec une belle citation de Flaubert :
N’importe, nous nous serons bien aimés.
Pris des remords, Mlle Muir se projette à son tour dans cette amour.
Versatilité des sentiments. Elle avait été à la rencontre de cet homme, qui lui surpris de cette coïncidence fortuite lui dit : « Vous m’aimez donc ! »
Rien ne résiste d’ailleurs à ce torrent d’amour.
Sa complice et amie Josefa (Emmanuelle Devos) sera aussi l’espace d’un instant témoin à charge de ces transports…
La femme de Georges (Anne Consigny, parfaite) est elle même quasi instigatrice de ce mélo. Jusqu’à l’envol initiatique. Mais n’en disons pas plus.
Ce conte déconnant est malgré sa légereté de ton de la haute voltige.
C’est une déclaration d’amour au Cinéma.
L’on est pris de nouveau dans les mailles de ce savant réalisateur.
Depuis « Mon Oncle d’Amérique » ce scientifique cinéaste, a su si justement épingler les sentiments, les caprices, les douleurs des êtres pris au piège de leurs propres contrariétés.
Autre citation de Flaubert, pour la route :
Il y a bien des chemins sans voyageur.
Il y a encore plus de voyageurs qui n’ont pas leur sentier.
Madé Taounza















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