24/09/09 - Mood for..., Films
Madé Madé

Fish Tank d’Andrea Arnold, « Je danse le MIA »



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Fish Tank dAndrea Arnold, Je danse le MIAEn voyant l’affiche, puis la bande annonce on se dit : encore un film social anglais à la Ken Loach. Les premières images nous confirment cet état de fait. La curiosité vient tout de même de ce prix du Jury décroché en mai dernier à Cannes, et la presque palme de la meilleure actrice pour la jeune débutante KatieJarvis. On est curieux donc de découvrir ce second film, le premier Red Road avait aussi été remarqué (prix du Jury en à Cannes en 2006).

On entre rapidement dans le vif du sujet, au bout de cinq minutes notre jeune Mia a déjà filé un coup de boule à une autre ado du quartier. Même dégaine, jogging de b.girl, même gouaille. Dès cette scène on comprend que c’est bien Katie Jarvis qui va porter ce film d’un bout à l’autre.

La caméra suit alors littéralement Mia, à la manière des Dardenne sur le dos d’Emilie Dequenne. On pense aussi à Sarah Forestier, dans L’Esquive de Kechiche.

Mia est en conflit avec le monde, elle souhaite briser les chaînes d’un vieux cheval qui est planté au milieu d’un terrain vague,. En conflit avec sa mère (la pulpeuse Kierston Wareing), sempiternel combat mère/fille. En tension aussi avec sa jeune sœur, c’est un classique.

L’arrivée du nouveau boyfriend de sa maman (l’excellent Michael Fassbender, vu dans Anger de Steve Mc Queen et dans Inglourious Basterds de Tarantino) complète le tableau. A chaque échange entre Connor et Mia, les invectives qu’elle lui balance sont comme des remparts à une libido naissante et à l’incompréhension de cette irrépressible magnétisme qu’opère Connor sur elle.

Tout au long du film on s’envoie des injures comme on boit de la bière : par ennui et par mimétisme. Les enfants comme les parents se vautrent devant la télé qui déversent ses rêves de pacotilles (clips de MTV, émissions « people ») mais aucun n’a l’air dupe. La scène des enfants fumant, buvant et critiquant une une émission est sidérante de réalisme. On est là plus proche d’un Larry Clark.

La musique hip hop, la danse, et ce trouble amoureux vont être les échappatoires de Mia à une vie scolaire inexistante et à une mollasse bande de copines. Il y aura aussi une rencontre déterminante avec un jeune « gitan »…

Katie Jarvis Mia

La mise en scène d’Andrea Arnold impose très vite une tension, qui nous fait dire, que l’on peut basculer dans le drame à tout moment. Chaque mouvement de Mia, chacun de ses déplacements donne à la narration ce sentiment de crescendo.

Comme dans tout grand film, le miracle a lieu.

Le miracle du cinéma. Une scène essentiel complète et achève ce que l’on souhaite secrètement. Et tout à coup l’on balance dans le chef d’œuvre car l’universalité du propos, la qualité du jeu des acteurs, tout nous parle intimement. Et l’on a envie de serrer très fort ces trois femmes (mère et sœurs) en écoutant ce morceau de Nas « Life’s a bitch ».

Life’s a bitch and then you die; that’s why we get high
Cause you never know when you’re gonna go

Madé Taounza


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3 commentaires sur cet article

  • Alistair a écrit :

    Je te laisse non pas le huitième mais le premier commentaire, c’est pas itunes qui m’intéresse mais seulement pour te féliciter de ta critique, j’ai pas encore vu fish ank mais j’en ai reçu beaucoup d’avis très positif dans ton sens et je dois dire que ta critique est très profsessionelle (maintenant moi j’écris pas donc je vais pas juger) et que c’est tout à fait digne d’un journaliste des cahiers. Bravo pour ton coup d’essai tu peux vraiment t’y mettre :)

  • ardaud a écrit :

    magnifique film

  • miss GriGri a écrit :

    Très beau film en effet. Merci Madé pour cette critique :-)

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