Le cinéma photographié |
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Du 2 au 19 septembre 2009 à La Cinémathèque Française
« le cinéma c’est 24 fois la vérité par seconde ». JL Godard
L’été indien a du mal à nous convaincre ces jours-ci… idéal pour un retour aux salles obscures… La bonne idée de cette rentrée : c’est un des programmes de la cinémathèque française.
Je passe sur l’indispensable rétrospective de Robert Aldrich, l’auteur entre autres de : Kiss Me Deadly (en quatrième vitesse), Vera Cruz, What Ever Happened to Baby Jane ? (Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?), ou encore The Dirty Dozen (Les Douze Salopards)…
Je voulais surtout vous inviter à découvrir le Cinéma Photographié.
Une sélection de long et courts métrages d’auteur, de William Klein à De Palma en passant par Wenders, Antonioni, Eustache…
Il va de soi que le cinéma est un art des images en mouvement.
Le paradoxe génial étant que le cinéma ce sont des images fixes, placées l’une après l’autre, sur la pellicule. Image par image. Il en va ainsi, de la conception à l’enregistrement jusqu’à la projection.
Ainsi, la photographie au cinéma est toujours prise dans un mouvement. Mouvement réel, mouvement imaginaire, mouvement reconstitué. D’où l’intérêt sans doute des cinéastes photographes pour « le cinéma photographié », ce lieu où, précisément, cinéma et photographie cessent de s’exclure pour échanger au contraire leurs propriétés respectives.
Un des films les plus emblématiques est La Jetée (Chris Marker, 1962), (dont l’armée des 12 singes s’inspire largement). D’autres auteurs vont alors imaginer des films composés de photographies.
Par exemple, William Klein qui restitue les combats de Muhammad Ali et les K.O. qu’il inflige à ses adversaires par une série de photos enchaînées, laissant deviner quelque chose d’un mouvement ultra rapide et suggérant par son geste photographique les déplacements du boxeur qu’aucune caméra ne peut enregistrer, sauf à les ralentir ou à les arrêter (Muhammad Ali the Greatest, 1964-1974).
Autre perle de la programmation : Filmarilyn de Paolo Gioli (1992) qui traite en rafale les images fixes des séances photos de Marilyn Monroe, à la vitesse de plusieurs images par seconde, des centaines et des centaines d’images fixes dans un film de neuf minutes, révélant que la plus grande star du XXème siècle est morte, non d’un abus de médicaments, mais d’un excès d’exposition aux flashes et objectifs du monde entier.
C’est chercher à fixer la couleur des mouvements, presque à la vitesse de la lumière.
Autres films à découvrir ou redécouvrir : Not Guilty for Abel (Gaëlle Vidalie, 2007) (sublimation du NY d’Abel Ferrara), Les Années-Déclic, Raymond Depardon, 1983), The Ballad of Sexual Dependency, Nan Goldin. Ou encore Redacted, Brian De Palma, 2007.
Madé Taounza
(D’après Bernard Benoliel)
Pour connaitre les séances de La Cinémathèque Française cliquez ici
La Cinémathèque Française
51, rue de Bercy
75012 Paris
Informations : 01 71 19 33 33















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